Doigts de pied engourdis

« Je me sentais très bien dans ces souliers, quand je les ai essayés dans le magasin, raconte Tamara Smith, jeune femme de vingt-huit ans habitant Toronto. Mais, quand je les ai mis le lendemain pour aller danser, j'ai commencé à avoir tellement mal aux pieds que je n'avais qu'une envie, c'était de les enlever et de marcher pieds nus. » Tamara, qui croyait avoir trouvé une paire de chaussures à hauts talons confortables, a vite dû déchanter. « J'avais la plante des pieds en feu, poursuit-elle, et plus aucune sensation dans les derniers orteils. » Quand elle est rentrée chez elle, Tamara s'est vite débarrassée de ses chaussures, mais elle a dû se masser les pieds pour ramener ses orteils à la vie.

C'était un cas de névrome de Morton, affection courante dont les femmes ont plus tendance à souffrir que les hommes, et qui est due à une irritation ou à une compression des nerfs situés entre les orteils. Si l'on compte à partir du gros orteil, c'est entre les troisième et quatrième orteils que se produit généralement cet engourdissement caractéristique, car c'est le seul endroit du pied où deux nerfs se rejoignent. Quand on marche avec des chaussures mal adaptées à son pied ou dotées de talons trop hauts, les nerfs comprimés risquent de s'enflammer.

Le névrome de Morton ne se manifeste par aucun signe extérieur. Mais, si l'on ne voit rien, on sent en revanche qu'il y a quelque chose qui cloche. Après la marche ou la station debout dans des chaussures trop serrées ou trop hautes, on éprouve une sensation cuisante ou un fourmillement à la partie antérieure de la plante des pieds. Une douleur, souvent aiguë, irradie aux orteils, qui deviennent ensuite insensibles.

« Les gens ne prêtent guère attention à leurs pieds; ce n'est que quand ils se mettent à leur faire mal qu'ils se rendent compte de leur importance, fait remarquer Hartley Miltchin, directeur administratif de l'Association médicale podiatrique canadienne. La plupart des gens ont tendance à ignorer les douleurs aux pieds, les jugeant normales et persuadés qu'elles finiront par disparaître toutes seules. » Mais Hartley Miltchin prévient que ce n'est souvent pas le cas et que tout retard dans le traitement peut être préjudiciable.

Traitement

Les douleurs dues au névrome de Morton se dissipent généralement dès qu'on arrête de porter les chaussures incriminées ou qu'on diminue l'intensité d'activités qui mettent les pieds à mal, comme la course à pied. Mais, si les doigts de pied restent engourdis, il est conseillé de clopiner jusque chez un médecin. Si vous consultez pour cette affection et que vos douleurs sont modérées, on vous prescrira sans doute un anti-inflammatoire ou l'on vous conseillera de porter des supports plantaires.

Mais, si vos douleurs sont intenses, il se peut que votre médecin vous propose des infiltrations de cortisone ou un traitement chirurgical.

Ménagez vos orteils

Il suffit généralement de quelques simples précautions pour faire disparaître les douleurs du névrome de Morton. Voici une série de moyens de vous soulager, si vous en souffrez.

Évitez les chaussures serrées et les hauts talons. Si vous ne pouvez pas faire bouger confortablement vos orteils dans vos chaussures, c'est qu'elles sont trop serrées. Elles vont brider vos orteils et comprimer les nerfs. Si vous portez des talons trop hauts, vous exercez une pression sur la partie antérieure de la plante des pieds, ce qui provoque une sensation de cuisson.

Portez des orthèses. Chez certaines personnes, les douleurs sont soulagées par le port de supports plantaires ou de coussinets. On en trouve de standard, dans le commerce, ou on peut les faire faire sur mesure. Ils contribuent à réduire la pression exercée sur les nerfs interdigitaux plantaires.

Prenez des analgésiques. Vous pouvez prendre des analgésiques anti-inflammatoires en vente libre, comme de l'aspirine ou de l'ibuprofène, pour atténuer l'inconfort que vous ressentez.

Ralentissez le mouvement. Si vous faites de la course à pied ou d'autres sports qui infligent à vos pieds des chocs répétés, arrêtez-vous pendant deux ou trois semaines.

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Autre source d'information : Association médicale podiatrique canadienne